Les marches de la Mort, et le bois de Below
Avec l’avance des troupes de l’Armée Rouge, Himmler décida l’évacuation des camps de concentration et d’extermination de l’est de l’Allemagne, dont Sachsenhausen, Ravensbrück et leurs Kommandos. Dans le but d’exterminer tous les détenus, témoins de leurs abominables crimes, les Nazis décidèrent d’assassiner les derniers déportés des camps. Ils devaient se rendre vers la baie de Lübeck, où ils auraient probablement été embarqués sur des navires. Ces derniers auraient ensuite été coulés, avec les déportés à bord. Le 21 avril 1945, des milliers de déportés de Sachsenhausen partent du grand camp vers la baie de Lübeck. Un grand nombre arriva au bois de Below. Là, à plus d’une centaine de kilomètres de Sachenshausen, après avoir marcher, ils rencontrent les autres déportés des Kommandos Heinkel, Speer, Klinker… Les déportés les plus faibles qui ralentissaient la marche étaient abattus sur le bord de la route par les SS. Cette marche, ralliant Sachsenhausen à la baie de Lübeck, nommé par les Nazis la marche d’évacuation fut nommé par les déportés la « Marche de la Mort ». De nombreuses plaques commémoratives et de fosses communes jonchent la route, dans les villages allemands du Brandebourg et du Mecklembourg.
Au bois de Below, les déportés dormirent sans abri, et vécurent sans nourriture. Au départ du camp, ils reçurent un peu de pain. Arrivés au bois, les déportés, affamés, durent pour se nourrir arracher l’écorce des arbres, la râper et en faire une fine poudre. Cette dernière, mélangée avec de l’eau, donnait une sorte de farine immangeable. Les marques, lorsqu’ils ont arraché l’écorce, sont encore présentes aujourd’hui.
Au bois de Below, près de 25 000 déportés furent rassemblés : 18 000 de Sachsenhausen, et des Kommandos, et 7 000 femmes de Ravensbrück. Ils sont arrivés à pied, en faisant près de 30 kilomètres par jour. Les SS logeaient à Grabau. La croix rouge internationale, notamment suédoise, réussit, après des négociations avec les SS, à faire parvenir aux déportés une petite aide : quelques boîtes de conserve. Il y avait une boîte de conserve pour 15 à 20 déportés. Entre 700 et 800 moururent suite aux mauvais traitements, au froid, ou à la sous- nutrition. Près de 400 détenus reposent aujourd’hui dans des fosses communes. En signe d’espoir, ou de désespoir, certains déportés tentèrent de laisser une marque aux survivants, en gravant sur des arbres des inscriptions, le numéro de leur bloc, ou encore le nom d’une personne chère.

Le bois de Below
Certaines colonnes de déportés repartent, et ce jusqu’au 29 avril 1945. A ce moment, les troupes russes libèrent une partie des prisonniers. Les autres marchent encore, et atteignent le village de Schwerin à plus de 80 kilomètres delà, avant d’être libérés à leur tour, par les Soviétiques, ou les Américains. La « route de la mort » a fait plus de 10 000 victimes.

Panneau commémorant la « Marche de la Mort »