V. Les parachutistes
A. La 82ème Airborne U.S.
1) Les multiples missions de la 82ème Airborne, ses zones de parachutages
La 82ème Division Aéroportée, commandée par le Major- Général M.B. Ridgway, était basée à une trentaine de kilomètres au sud de Birmingham. Elle est composée de 3 régiments parachutistes : les 505ème, 507ème, et 508ème . Sa principale mission était de prendre la rive ouest du Merderet, pour couvrir le flanc des divisions qui devaient débarquées à Utah Beach, et les aider à atteindre Cherbourg. Sa seconde mission était de s’emparer de Sainte- Mère- Eglise, important point de passage d’éventuels renforts allemands. Sa dernière mission était de détruire les ponts de Beuzeville- la- Bastille et de Pont- l’Abbé.
Le 507ème avait pour zone de parachutage, la « T », au nord d’Amfreville.
Le 505ème avait pour zone de parachutage, la « O », au nord de Pont- l’Abbé.
Le 508ème avait pour zone de parachutage, la « N », à l’est de Sainte- Mère- Eglise.
2) Actions de la 82ème Airborne
Les 507ème et 508ème régiments d’infanterie aéroportée, dont les éclaireurs qui ont été gênés par la présence de l’ennemi et qui n’ont pu baliser les terrains de parachutage, connurent des parachutages très mauvais. Une partie des parachutistes s’est noyée dans les champs inondés, une autre s’est égarée. De plus, ils n’avaient à leur disposition, que leurs armes individuelles. La plupart du matériel a été abîmée, durant l’atterrissage des planeurs les transportant. En matinée, des petits groupes de paras errent, des fois à plusieurs dizaines de kilomètres de leurs objectifs. Les Allemands subirent des harcèlements des ces groupes, qu’ils pensaient nombreux et bien armés. Leurs contre- attaques furent inutiles, car les parachutistes étaient beaucoup mobiles qu’eux.
Le 505ème a mieux réussi son parachutage, et rassembla d’emblée un bon millier d’hommes. Sainte- Mère- Eglise fut conquise. Deux bataillons du 505ème s’installèrent dans le village à 4 h 30. A 9 h 30, les Allemands entamèrent une contre- attaque, qui échoua. Durant toute la journée, la Wehrmacht tentera de reprendre la bourgade. Aucune de ses tentatives ne réussit.
400 hommes se positionnèrent dans le village de la Fière. Les Allemands le reprirent dans la journée, mettant en difficulté les parachutistes.
La dispersion des unités et le manque de transmission empêcheront toute tentative d’attaque frontale des ponts de Beuzeville- la- Bastille et de Pont- l’Abbé.
3) Bilan à la fin de la 6 Juin 1944 de la 82ème Airborne
La 82ème Airborne a eu de lourdes pertes : 1 240 morts, blessés ou disparus. A la fin de la journée, elle ne contrôlait que 40 % de ses effectifs, et 10 % de son artillerie. Seule Sainte- Mère- Eglise a été prise à la fin de la journée.
B. La 101 ème Airborne U.S.
1) Les multiples missions de la 101ème Airborne, ses zones de parachutages
La 101ème Division Aéroportée, commandée par le Major- Général M.D. Taylor, était composée des 501ème et 506ème régiments d’infanterie parachutiste. Sa mission était de s’emparer des voies de communication situées à l’ouest de la plage d’Utah Beach, comprenant les villages de Saint- Martin- de- Varreville et Poupeville. Elle devait aussi tenir la Douve, ses ponts et l’Ecluse de la Barquette, au Nord de Carentan.
Le 3ème bataillon du 501ème régiment, ainsi que les 1er et 2ème bataillon du 506ème régiment ont été largués sur la zone de parachutage baptisée « C », à l’est de Sainte- Marie- du- Mont.
Le 3ème bataillon du 506ème régiment, ainsi que les 1er et 2ème bataillon du 501ème régiment ont été largués sur la zone de parachutage baptisée « D», au sud de Vierville.
2) Actions de la 101ème Airborne
La 101ème Airborne a eu un meilleur parachutage que la 82ème. Pourtant, celui- ci reste houleux et de nombreux parachutistes se perdirent. Le Général Pratt, commandant en second, se tue à l’atterrissage. Mais là encore, les Allemands se méprirent du nombre de parachutistes, qu’ils crurent très nombreux. Ils dépêchèrent sur place plusieurs unités, défendant les plages, sur lesquelles, quelques heures après, les divisions alliées débarquèrent.
Avec chance et courage, la 101ème réussit tout de même à remplir la plupart des ces objectifs : la batterie de Saint- Martin- de- Varreville est prise (trouvée abandonnée et détruite) ; les issues menant aux plages furent prises dès le début de la matinée ; la conquête de Mésières, vers 15 h30 , où la garnison de la batterie de Saint- martin avait trouvé refuge ; Poupeville est prise le jour même, Beuzeville ne fut pas prise le 6 juin ; la Douve passa sous le contrôle de la 101ème Airborne, ainsi que ses ponts et son écluse ; la jonction entre la 4ème division d’infanterie et une partie de la 101ème Airborne fut effectuée.
3) Bilan à la fin de la 6 Juin 1944 de la 101ème Airborne
La 101ème Airborne a subi de lourdes pertes : 1 259 morts, blessés ou disparus. Malgré des pertes assez lourdes, la 101ème a rempli la plupart de ces missions, dont toutes celles de première nécessité. Les Allemands furent désorganisés et les parachutistes combattirent bravement, repoussant la plus grande partie des contre- attaques lancées contre eux pour les submerger. L’opération aéroportée, dans son ensemble, a été un succès.
C. La 6ème Airborne britannique
1) Les multiples missions de la 6ème Airborne, ses zones de parachutages
La 6ème Airborne britannique, composée des 5ème et 3ème brigade (cette dernière comprenant un bataillon canadien) était commandée par le major- Général Richard Gale et basée au sud de Londres.
Sa mission était de s’emparer de la plupart des ponts de Ranville et de Bénouville, de prendre la batterie de Merville, et de faire sauter 5 ponts, ne pouvant être correctement défendus et pouvant faciliter l’ arrivée de renforts allemands.
La 5ème brigade eu pour zone d’atterrissage la zone « N », située entre les ponts de Bénouville et de Ranville.
Le 3ème brigade atterrit près de Trouffreville (zone « K ») et près de Varaville (à côté de la batterie de Merville, zone « V).
2) Actions de la 6ème Airborne
La prise des ponts de Bénouville et de Ranville fut la seule attaque à peu près coordonnée de la journée. 6 planeurs, contenant une partie des troupes de la 5ème brigade, décollèrent d’Angleterre. 3 arrivèrent à l’endroit prévu, deux autres à moins de 150 m et un dernier se perdit, à plus de 14 km de l’endroit prévu. En quelques minutes, les deux ponts furent capturés et les Allemands maîtrisés. Toute la journée, ils durent faire face aux nombreuses contre- attaques allemandes. Prévue pour 12 heures, la relève n’arriva que vers minuit, trouvant les parachutistes épuisés, puis ayant rempli leur mission dans l’intégralité.
Le reste de la 5ème brigade prit Ranville, Troarn et s’avance vers le bois de Bavent.
600 hommes, (spécialement entraînés, sur une maquette grandeur nature) auraient dû être déposés à proximité de la batterie de Merville. Mais le 6 juin, le colonel Otway ne réunit que 150 officiers et soldats, sans aucun matériel : l’artillerie fut perdue en mer, et une partie des planeurs s’égarèrent, à cause d’une forte densité de DCA. L’attaque fut tout de même lancée. Bénéficiant de renforts, dont les planeurs s’étaient posés près de la batterie, Otway enleva celle- ci, faisant 100 morts et 30 prisonniers, alors que les Britanniques perdirent 70 hommes (dont 5 officiers). Les canons, que l’on pensait être des 150 mm, n’étaient en fait que des inoffensifs 75.
3) Bilan à la fin de la 6 Juin 1944 de la 6ème Airborne
La 6ème Airborne remplit toutes les missions qu’on lui avait confiée, et ce, avant le lever du jour. Pourtant, elle ne contrôle que 60 % de son effectif initial, et ses pertes s’élèvent à 600 tués, 600 blessés et une centaine de pilotes de planeurs manquants (tués, blessés ou disparus).
Bravo pour ton travail, tes recherches et le temps que tu y as consacré ! C’est grâce à des passionnés comme toi que le souvenir de notre libération ne mourra pas.
Continue…!!
Amicalement,
Andy
Andy Reiben a dit ceci le 9 décembre 2008 à 22:13